Quand le son fait toute la différence

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Graphic of a digital sound on black bottom

Quel titre évident pour un blog comme celui-ci me direz-vous. Je n’allais certes pas dire le contraire étant donné qu’il est question ici de mon métier. Mais on oublie peut-être parfois l’impact que le son peut avoir sur un spectateur ou un auditeur et que dans le cas d’un film, une grande partie de l’histoire ne passe pas uniquement par l’image, le scénario ou le jeu d’acteur. Georges Lucas, le créateur de Star Wars, le disant lui-même « Sound is half the picture » (en français, « Le son fait 50% de l’image »). En effet, l’ambiance sonore que l’on choisira d’apporter à une scène fera partie intégrante de l’émotion que l’on voudra véhiculer. Le choix de la musique, mais aussi des bruitages (et la façon dont ils sont mixés) auront ainsi une importance capitale sur le ressenti qu’aura l’auditeur ou le spectateur.

Dans le cadre d’un film, selon l’action qui se déroule à l’écran, il y a certains styles musicaux qui seront plus appropriés que d’autres et que l’on retrouvera de façon récurrente (et quasi universellement) dans les films du monde entier et principalement ceux du box-office. Ainsi, pour une scène de combat style médiéval, ce sera plutôt une musique orchestral rapide avec beaucoup de cors qui sera utilisée, pour une séquence romantique on aura tendance à se diriger sur des ensembles de cordes, pour du drame un piano lent fera très souvent l’affaire et enfin pour de l’horreur des nappes grinçantes et dissonantes ainsi que de brefs hits (ou stem) lorsqu’un élément horrifique apparaît, sauront apporter une atmosphère terrifiante. L’exercice est identique dans le domaine publicitaire ou les reportages où il s’agira également de suggérer un sentiment ou une émotion.

IMG_5221_20131020_RobertCharlesMann.com_20131020_RobertCharlesMann.com_Studio 22 à Radio Hungary en plein enregistrement de Cinematic Dark Lights avec le Budapest Philarmonic Orchestra

Si on choisissait maintenant d’utiliser un morceau radicalement différent sur chacune de ces séquences, il serait possible de suggérer une émotion très différente. Imaginez la scène de guerre avec une musique à connotation triste et la scène passera d’héroïque à tragique. On se doutera ainsi que l’issue du combat ne laissera que peu de survivants. Prenez la scène dramatique pour laquelle on avait choisi un piano, ajoutez-lui une musique légère et joyeuse et cela prendra une tournure totalement absurde. Bien-sûr, cela peut être un effet de style et les contrastes fonctionnent parfois particulièrement bien. Ainsi, certains films d’horreur jouent sur ces oppositions de styles. C’est le cas de la saga d’horreur Freddy (« Les griffes de la nuit ») qui utilise comme générique une comptine enfantine. Bien que celle-ci soit dans le fond plutôt légère, l’ajout d’une belle reverb (symbolisant souvent le rêve), le rythme lent et le contexte dans lequel elle est jouée la rende simplement terrifiante. La voici.

Bon je vous l’accorde, les paroles n’ont rien d’enfantin, mais là encore une fois on est totalement dans le contraste. Dans le même genre, si vous êtes adepte des films d’horreur, vous aurez certainement remarqué que les enfants et leurs rires notamment, sont très souvent utilisés pour instaurer la peur chez le spectateur. C’est encore une fois une question de contraste, l’innocence de l’enfance opposée à l’horreur des évènements.

En résumé, les genres de musiques choisis pour véhiculer certaines émotions sont régulièrement les mêmes. Quand on a cela en tête et que l’on prête une attention toute particulière à la musique dans le film que l’on regarde, il devient presque possible de savoir la tournure que va prendre les évènements. C’est particulièrement le cas dans les films d’horreur. Quand une nappe sombre monte petit à petit attendez-vous à sursauter.

Voici un exemple, ou un internaute a repris des séquences d’un film comique nommé « Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ». Grâce à un montage habile et une musique très bien choisie, il a réussi à donner une toute autre ambiance à ce film. Quiconque ne l’aurait jamais vu pourrait tout à fait penser qu’il s’agit d’un drame.

Autre exemple avec une fausse bande annonce du film Frozen (La Reine des Neiges) qui laisse présager qu’il ne s’agit pas de dessin animé pour enfant mais plutôt d’un film d’horreur. Du grand art!

Pour finir, voici le clip du titre « Chandelier » de la chanteuse SIA, que la plupart d’entre vous avez déjà du entendre une fois tant il a cartonné à sa sortie. Le morceau est plutôt sympa certes, mais s’il a beaucoup fait parler de lui c’est aussi grâce à son clip, dans lequel une fillette exécute une performance de danse vraiment impressionnante. Des mouvements tantôt gracieuse, tantôt chaotiques avec pour décor un appartement plutôt glauque. Ici il n’a pas été question de remplacer la musique originale par une autre mais plutôt d’imaginer quelle serait l’ambiance sonore enregistrée lors du tournage. On constatera que la danse particulière ainsi que les mimiques de la fille aidant, l’ambiance devient tout à coup beaucoup plus inquiétante.

J’espère avoir réussi à vous démontrer à quel point le choix des musiques (et des bruitages) est important. Il existe évidemment de nombreux autres exemples et ce sera le sujet d’un prochain article.

1 Comment

  1. […] l’article « Quand le son fait toute la différence » , j’ai abordé le fait que la musique choisie pour accompagner l’image, pouvait donner une […]

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